samedi 2 janvier 2010

La genèse de Presque végé ou comment je suis devenue une obsédée de la nourriture

Je trouvais que c'était une bonne idée de commencer l'année avec un petit mot sur le blogue et sur moi, bref, toutes ces choses dont je ne parle presque pas en temps normal. J'ai commencé Presque Végé il y a quelque six mois parce que j'avais pris la résolution de manger moins de viande, pour des raisons écologiques et économiques, parce que je cherchais de l'inspiration et que j'étais souvent déçue par les blogues végétariens (j'en ai depuis trouvé de très inspirants, mais il y en a un bon nombre de traumatisants dans le lot), qui me donnaient parfois l'impression de m'enfoncer une doctrine dans la gorge à grands coups de culpabilité. Or, cesser complètement de manger de la viande, ça ne faisait pas du tout partie de l'expérience que je souhaitais vivre en adoptant le semi-végétarisme à temps partiel. Ce que je voulais, c'était manger mieux, de façon plus équilibrée et en accord avec certaines de mes préoccupations. Manger moins de viande, oui. Manger plus sainement, en faisant des choix variés, oui. Dire adieu à un bon steak sur le barbecue, ou à des asperges rôties enroulées dans le proscuitto, ça, non.

Et bien, croyez-le ou non, certaines personnes ne sont pas d'accord avec l'idée. J'entends, en fait, des discours contradictoires. Des sons de cloches qui viennent de part et d'autres de la grande droite des idéologies. Certains disent que les environnementalistes sont des prophètes de malheur qui nous bourrent avec de fausses informations sur les désastres de l'élevage industriel, en brandissant l'épouvantail du Climategate, comme si j'y pouvais quelque chose moi ! D'autres sont plutôt du genre extrêmiste, et reprochent à ce blogue la trop grande abondance de recettes non-végétariennes et me suggèrent de changer de nom et de contenu. Tout simplement ! On règle en trois mots ma carrière de blogueuse parce que j'ose encore apprécier les repas carnés.

Pft.

Tu parles.

Et bien, après mûre réflexion, ni l'une ni l'autre de ces opinions ne me semblent fondées et justifiées. Ou, en langage plus courant, les critiques ne me dérangent pas. Ce que je voulais faire (partager de belles recettes inspirantes, dont la majorité serait végétariennes), je le fais. Manger moins de viande, c'est absolument réussi: des sept à dix repas par semaine qui pouvaient contenir de la viande avant, il n'en reste maintenant qu'un ou deux. Chéri et moi sommes tellement verts par en-dedans qu'on a eu de la difficulté à passer à travers le temps des fêtes. Après trois jours de libations carnées, nous avons connu les joies des crampes d'estomac et des sueurs froides incessantes, jusqu'à ce que nos corps retrouvent l'équilibre. Incroyable mais vrai. Je suis tellement contente que le temps des fêtes soit fini !!

Ce que j'ai remarqué aussi, c'est que c'est le fait d'entretenir ce blogue qui m'a transformée en véritable obsédée de la nourriture (ou foodie, comme on dit en bon français). J'aimais déjà cuisiner, j'étais déjà plutôt à l'aise derrière les chaudrons, mais c'est en me faisant violence pour m'en tenir à mon menu tous les jours de la semaine, pour vous offrir le plus de végitude possible, que je me suis transformée en névrosée de la cuisine. C'est pour ça que je vais vous montrer comment on fait (ce qui devrait ravir Audrey, chez qui ma planification suscite une certaine fascination), en images en plus, pour que vous puissiez vous aussi devenir foodie.

D'abord, tout part d'ici. Mon ordinateur chéri (L).

Il faut le chérir et bien le recharger, parce que mette à jour le blogue, ça peut parfois être très long. Ensuite, le secret, c'est de collectionner les bonnes idées. C'est pour ça que je suis toujours sur Internet à chercher un nouveau site décadent pour m'inspirer (en passant, vous ai-je parlé de www.tastespotting.com ? ma-la-de) et c'est aussi pour ça qu'il y a toujours une pile de livres de recettes qui traînent sur ma table de nuit. Quand vient le temps de faire le menu de la semaine, je rassemble ces sources quelque part, et je me mets à griffonner jusqu'à ce que j'aie environ 8 à 10 idées-repas différentes sur papier. Le mieux, c'est encore d'être toujours à l'affut et de mettre les idées sur papier au fur et à mesure qu'elles se présentent, mais bon, tout ne marche pas toujours comme on veut dans la vie.


Viens ensuite la planification du menu.

Je prends la liste.


Et je l'organise, de façon à avoir des repas différents pour chaque jour, en me chargeant d'organiser les potentiels restes (habituellement en les passant en lunch, pour Chéri et moi). C'est en copiant la liste à l'ordinateur aussi que je pense aux accompagnements et aux gâteries, que j'inclus à la fin de la liste.

MENU DE LA SEMAINE du 3 au 9 janvier 2010

SAMEDI

Soir : Casserole de coquillettes à l’oignon et au sans-viande haché (salade césar)

DIMANCHE

Midi : Reste de coquillettes

Soir : Soupe repas style cassoulet (crudités)

LUNDI

Midi : Reste de soupe cassoulet

Soir : Croquettes de haricots rouges style falafels – à la mijoteuse (salade de fèves et de poivrons)

MARDI

Midi : Salade de lentilles du Puy et de jeunes épinards (fromage et biscotte)

Soir : Tofu poêlé, sauce au cari rouge (vermicelles de riz et légumes croquants au sésame)

MERCREDI

Midi : Restes (tofu ou croquette de haricots)

Soir : Saucisses de poireaux au fromage (pâte à l’ail et au piment, roquette)

JEUDI

Midi : Chaudrée de lentilles du Puy et lanières de TVP (crudités)

Soir : Salade de crevettes thaï, noix de Grenoble épicées au curry

VENDREDI

Midi : Reste de saucisses de poireaux au fromage (salade balsamique)

Soir : Tagliatelles aux champignons et au brie

SAMEDI

Soir : Tarte tatin à l’échalote caramélisée (salade dijonnaise)


Ça donne cela, que j'imprime ensuite et que je colle sur la porte du frigo, pour me marteler de bien suivre à la lettre mon menu de la semaine. C'est important, parce que c'est la seule façon que j'ai trouvé pour ne plus gaspiller de nourriture (ce qui est une des problématiques majeures de la surconsommation en Amérique du Nord. Un de mes pires problèmes, c'est que ça ne me tente pas toujours de cuisiner ce qui est prévu, et là, je dois faire de la gymnastique pour caser ce qui n'a pas été fait à un autre endroit, et que tout le monde ait son lunch au bureau quand même. On s'en sort bien, néanmoins. Parce que j'ai une bonne assistante.


Le plus dur, c'est de recommencer encore et encore. De trouver de nouvelles idées à chaque semaine. Mais au final, je retire beaucoup de ce système parce que je n'ai jamais aussi bien mangé, je n'ai jamais goûté autant de choses différentes, et ce, en seulement six mois. Imaginez l'année prochaine !

C'est justement en imaginant l'année prochaine, et toute la bouffe dans laquelle je pourrai me complaire d'ici là, que j'ai décidé de continuer Presque végé en dépit des critiques les plus diverses. Je termine donc en souhaitant à tous mes abonnés et à tous mes lecteurs une superbe année 2010, remplie de festivités, de repas entre amis, de découvertes culinaires, de nouveaux bons vins et de toutes les choses dont vous pourriez rêver !

Bonne année !

7 commentaires:

texmex a dit…

Je te suis depuis quelques mois sous rss, et j'aime bien tes recettes. Meme si je ne les fais pas souvent, je prends de l'inspiration. Quand au vegetarisme extremiste, je deteste aussi et j'ai rencontré le terme recemment de flexitarian, qui semble definir un vegetarien qui se laisse tenter par un peu de proteines animales de temps en temps. :-) Alors vive 2010 et continue sur ta lancée.

Daiva a dit…

Merci TexMex ! J'apprécie ce commentaire, surtout venant d'une personne qui m'est inconnue ! J'ai vu sur ton blogue que tu avais un peu la même approche que moi: réduire le plus possible la consommation de viande, mais satisfaire les envies de temps en temps. Je trouve que c'est la meilleure façon d'arriver à être en accord avec nos valeurs sans que ce soit trop contraignant (auquel cas, on retourne vite à nos mauvaises habitudes). Moi, je ne serais pas capable d'abandonner les produits laitiers, mais si d'autres peuvent le faire, je les encourage. Je trouve aussi important de faire plaisir à Chéri une fois de temps en temps, lui qui me suit dans toutes mes expérimentations, sans jamais chigner. D'où la nécessité de conserver un peu de viande au menu.

Bref. Merci d'avoir laissé ta trace ici ! J'ai un nouveau blogue à consulter ! :)

Au plaisir,

Daiva

Beveg a dit…
Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.
David a dit…

Salut je consulte souvent ton blogue mais je n'ai jamais laissé de message... Je suis dans la même position que toi, j'essaie de diminuer la viande sans l'abandonner complètement. Je trouve ici des bonnes idées quand je suis à court et que je suis trop lâche pour consulter mes livres de recettes! D'ailleurs, j'essaie les croquettes au thon dès ce soir. Longue vie à Presque végé, et ne te laisse pas intimider par les « veggie bullies »!

Daiva a dit…

Merci David ! Ça fait toujours plaisir d'avoir des nouvelles de nos lecteurs ! Je suis contente de savoir que je ne suis pas la seule dans ma situation: c'est vrai que je trouve ça important de diminuer la viande dans mon alimentation, mais j'ai quand même du plaisir à en manger, et je ne souhaite pas me sentir coupable pour autant.

J'espère que tu vas aimer les croquettes de thon (ici, c'est toujours très apprécié, ça me fait penser aux boulettes à 'morue qu'on mange dans le bas-du-fleuve, sans le trempage, hihi). Tu peux servir avec une sauce marinara si ça ne te tente pas de tremper dans la sauce tartare, c'est aussi très bon.

Tu m'en donneras des nouvelles,

Daiva

Pandore a dit…

Qu'un tout petit commentaire Daiva: J'aime, j'adore ! Fiston aussi t'en remerciera un jour...tout un monde s'ouvre à lui grâce à toi !

MissTux a dit…

Ah ces *BIIIIIP* d'extrémistes ! Je ne suis plus capable de les sentir, depuis mon altercation avec l'un d'eux sur un forum européen vers la fin de 2005, juste pour avoir mentionné le mot "dégriffé" en montrant une photo d'un chat du voisinage et pour avoir pris la défense de ladite voisine pour qui le chat est son bébé poilu ! Et étant atteinte de phobie sociale (mais sans le savoir à l'époque, ayant été diagnostiquée en 2009) où justement l'une des hantises c'est d'être jugé, me faire bourrasser comme je l'ai été m'a déclenché une violente crise d'angoisse… comme si ce n'était pas assez que je me sois faite écoeurer à l'école pendant tout le primaire et le secondaire à cause de mon handicap et de ma nerditude ?? Depuis ce temps, je déteste les extrémistes de la cause animale et je suis devenue très cynique vis-à-vis cette cause et mettons que ça me rends beaucoup service pour ce qui est de ne pas tomber dans le piège des canulars relatifs aux animaux (bonsaïkittens, mauvaises blaques style deux taouins qui se photoghaphient avec un animal mort, 52 chevaux à sauver de l'abattoir, etc.). Quant au forum européen, je suis partie et j'ai fait supprimer les posts contenant des données personnelles.

Oufff… juste en contant ça, j'en ai des tremblements, un des symptômes que j'ai quand l'anxiété monte.

Donc je suis plutôt comme toi : Ça ne me dérange pas de manger moins de viande et je suis prête à découvrir de nouvelles saveurs, mais ne m'enlevez jamais mon steak medium-saignant sur le BBQ ! C'est pour ça que le flexitarisme me convient mieux.

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